Ouais !

Et là les gars ils se disent : WHAT ?
Les mecs et les filles nues de Distorsion, ils vont passer un film EN NOIR ET BLANC à leur Distodrome ? Signé MARCEL CARNÉ, le papy mort qui a signé Les Enfants du paradis ? Ils veulent nous faire CHIER ou quoi ? Ils sont VIEUX ?

Oui, on veut vous faire chier. Non, on n’est pas vieux. Mais on veut surtout votre BIEN.


Parce que TERRAIN VAGUE, c’est pas un film chiant, c’est pas rance, c’est pas poussiéreux, c’est un film INCROYABLE. Pour cette séance spéciale « Le Cinéma français c’est de la merde ! », on vous dégotte donc cet opus sublime qu’on traite dans le volume 3 de nos bouquins du même nom.

D’ailleurs, qu’est-il écrit dans ce bouquin, sur le film de Carné ?

Notamment ceci : « Le générique de Terrain vague, c’est déjà tout le film : la mère d’un jeune délinquant y remonte lentements les escaliers de chez elle, dans l’un de ces immeubles modernes qui venaient alors d’apparaître. Et Carné d’opter pour le plan séquence pénible de cette dame, enchaînant les marches, les étages, passant devant chaque appartement, dont les ambiances sonores diverses constituent une sorte de musique humaine d’ouverture. C’est lourd, c’est lent.. Rien de surprenant pour nous, aujourd’hui, bercés aux cités dégueulasses et démesurées où s’enterrent toujours les prolétaires et français d’en bas. Mais pour Carné, en 1960, c’était effrayant, la mort d’une époque, la naissance d’une modernité mortifère.« 


Oui, car TERRAIN VAGUE, film GÉNIAL, est UNE OEUVRE DE L’ENTRE DEUX. Entre le cinéma classique -la France d’avant et des petites rues et d’une certaine humanité- et la France des grands ensembles et des cités déshumanisées qu’on connaît aujourd’hui. Comme si on avait mis des personnages du cinéma « d’avant » en plein milieu des grises cités de banlieue « de demain ». D’ailleurs, ces cités, vous verrez, sont en plein « terrain vague ». Littéralement. Les mecs, ils avaient planté des immeubles au milieu des graviers, à l’écart des villes. Ça pas beaucoup changé, la banlieue.

Ne vous laissez pas berner par la couleur du film, par les coupes à la Eddy Mitchell. On parle ici d’un film des années 60, les années de la guerre d’Algérie, les années de manifs, les années de libération, les années d’une France qui va passer du petit village de gaulois à des tours en béton de 15 étages.

TERRAIN VAGUE, c’est ÇA, c’est des petits voyous d’antan perdus sur le béton de demain, comme des chiens qui creusent machinalement le pavé comme s’ils étaient encore dans la forêt.

Ne MANQUEZ PAS ce film-passage dingue, agrémenté d’une présentation et d’un débat aux petits oignons en présence de Rurik Sallé, un avant-programme, et du sexe dans nos têtes à tous.

LE 21ème DISTODROME !

C’est le 27 février, toujours aux sublimes Ecoles Cinéma Club

L’évènement fessepute est ici.
Et c’est toujours en partenariat amical et rectal avec Panic! Reverse, Metaluna store, Broken Production et Oh My Gore.